Read Ebook: La Vie de Madame Élisabeth soeur de Louis XVI Volume 1 by Beauchesne A De Alcide Dupanloup F Lix Commentator
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Ebook has 662 lines and 83023 words, and 14 pages
Indign? de n'avoir point ?t? ob?i, la Fayette donna sa d?mission de commandant g?n?ral de la garde parisienne. Les bataillons de cette garde lui envoy?rent aussit?t des d?putations pour le prier, au nom de la patrie, de demeurer ? son poste. Il y consentit. Le 25, la compagnie des grenadiers du bataillon de l'Oratoire, qui avait particuli?rement marqu? dans la r?volte, fut licenci?e. Madame ?lisabeth, occup?e d'un int?r?t plus ?lev?, semblait ces jours-l? oublier les orages de la terre.
Elle s'?tait vue oblig?e de renoncer ? communier le jeudi saint et le jour de P?ques, dans la crainte d'?tre cause d'un mouvement dans le ch?teau. Les nouvelles les plus ?tranges circulaient: on pr?tendait que le dimanche suivant le Roi assisterait ? la messe de la paroisse, dite par un pr?tre asserment?. Madame ?lisabeth repoussait bien loin cette id?e. Toutes les personnes attach?es ? sa maison partaient successivement pour Bruxelles, et ces d?parts ne contribuaient pas ? lui faire voir les choses couleur de rose. Cependant, toujours g?n?reuse, elle continuait ? se f?liciter de l'absence de son amie: <
Madame ?lisabeth comptait peu sur la politique des cabinets europ?ens: l'ignorance o? ils laissaient le Roi sur ce qu'ils voulaient faire paraissait ? la princesse un f?cheux sympt?me. La situation de la famille royale ? Paris ?tait vraiment intol?rable. La fureur des r?volutionnaires contre les catholiques qui refusaient d'assister ? la messe des pr?tres asserment?s se portait aux derni?res violences. La populace avait fustig? publiquement les pr?tres et les femmes qui se rendaient dans une chapelle particuli?re pour entendre la messe de M. de Pancemont, ancien cur? de Saint-Sulpice. C'?tait ce qu'on appelait la libert?. Madame ?lisabeth revient sans cesse dans ses lettres sur cette situation d?plorable; mais elle trouve dans sa foi si profonde et dans sa confiance en Dieu la force n?cessaire pour se r?signer ? sa position. Elle se f?licite de l'assistance spirituelle qu'elle trouve dans son excellent guide l'abb? de Firmont, et au milieu de ses angoisses, elle remercie Dieu qui proportionne les courages aux p?rils.
J'ai fait remarquer que Madame ?lisabeth appr?ciait s?v?rement dans sa correspondance la politique des cabinets de l'Europe. Aussi ?tait-elle loin d'approuver les avis officieux, les insinuations cauteleuses qui s'ouvraient un chemin jusqu'? la Reine: ayant une profonde aversion pour tout ce qui ne lui paraissait pas droit, juste et net, elle ?tait convaincue que les men?es secr?tes de M. le comte de Mercy seraient funestes; mais sans force pour combattre cette influence, elle ne pouvait que plaindre Marie-Antoinette de la subir et de pr?ter l'oreille ? des conseils qui, sans servir le bien public, compromettaient la stabilit? du tr?ne. Pour ?tre juste, il faut remarquer que Madame ?lisabeth avait ?t? ?lev?e, comme toutes les princesses de la maison de France, dans la d?fiance de l'Autriche; on ne pouvait attendre les m?mes sentiments de la fille de Marie-Th?r?se. L'?quitable histoire dira que jamais Marie-Antoinette ne songea ? sacrifier sa nouvelle patrie ? son pays natal; seulement elle avait esp?r? que l'alliance de la maison d'Autriche, dont son mariage ?tait le gage, pouvait servir les int?r?ts des deux peuples et devenir un appui pour la monarchie fran?aise, ?branl?e jusque dans ses fondements.
Quand viennent les grandes crises politiques, il n'y a de salut que dans les mesures promptes et exceptionnelles qui frappent tout ? coup, ?tonnent et changent quelquefois l'esprit public, en lui montrant que l'initiative, la d?cision, la fermet?, sont du c?t? de l'autorit?. Le caract?re du Roi rendait ce moyen impossible. Le salut de tous, et Madame ?lisabeth le sentait, ne pouvait venir non plus d'une assembl?e qui, ennemie de la royaut?, lui imposait, par une l?che d?rision, la responsabilit? de la puissance, apr?s lui en avoir ?t? l'exercice. Cette assembl?e demeurait indiff?rente ? l'appel du prince qui, d?sarm? par elle, d?non?ait ? sa barre la violation des lois, les meurtres et les incendies qui d?solaient l'empire; et pourtant cette m?me assembl?e, dans son orgueilleuse omnipotence, s'?tait proclam?e nationale! Force, impulsion, droits, prestige, tout ?tait pass? de son c?t?. Madame ?lisabeth constatait avec effroi un ?tat de choses qui, rompant tous les ressorts du gouvernement, rendait toute volont? du Roi impuissante et toute r?pression impossible. Ce sentiment appara?t dans les moindres d?tails de sa vie. Une de ses dames regardait un jour attentivement, au mois de mai 1791, ce qui se passait dans le jardin des Tuileries. <
La Reine ?prouvait les inqui?tudes que la faiblesse du Roi inspirait ? Madame ?lisabeth; mais elle avait une esp?rance que Madame ?lisabeth ne partageait pas. Ces deux belles-soeurs vivaient dans une atmosph?re et sous des impressions bien diff?rentes: la Reine ?tait persuad?e que le salut de la maison royale et de la monarchie de France serait d? ? l'Autriche, et qu'un secours efficace, sans qu'elle y f?t appel, lui viendrait de ce c?t?. C'?tait attribuer au cabinet de Vienne une g?n?rosit? qu'il ?tait loin d'avoir, et avouer une esp?rance qui pouvait ?tre imput?e ? crime par ses ennemis. De son c?t?, Madame ?lisabeth ?tait frapp?e de l'id?e que la Reine serait victime de la r?volution, et ce pressentiment lui inspirait pour sa belle-soeur la plus tendre commis?ration et le plus affectueux d?vouement. Il ?tait utile de marquer cette diff?rence d'impressions qui existait entre la Reine et sa belle-soeur. H?tons-nous maintenant de revenir ? la correspondance de Madame ?lisabeth. Elle venait de recevoir des nouvelles de l'abb? de Lubersac, qui ?tait parvenu, non sans danger, ? passer la fronti?re. Elle lui r?pondit une lettre dans laquelle l'on ne sait ce qu'il faut le plus admirer, l'?l?vation et la sagesse des conseils ou l'humilit? avec laquelle ils sont donn?s. M. l'abb? de Lubersac ne surmontait qu'avec peine la tristesse profonde que lui inspirait la situation o? les ?v?nements de la r?volution l'avaient jet?. Madame ?lisabeth, souvent exhort?e par lui, l'exhorte ? son tour, et son esprit s'?levant avec le sujet qu'elle traite, elle trouve au courant de la plume ces belles consid?rations: <
Apr?s avoir ?crit ? l'abb? de Lubersac cette grave lettre, Madame ?lisabeth reprend avec son amie madame de Raigecourt ses tendres ?panchements. Les lettres qu'elle lui adresse pendant le mois de mai sont pleines de d?tails d'intimit? et d'allusions aux circonstances politiques, allusions voil?es et difficiles ? p?n?trer aujourd'hui. Le flot de l'?migration devient un torrent qui emporte tout; presque toutes les dames de Madame ?lisabeth l'ont quitt?e, avec les meilleures raisons du monde; elle est la premi?re ? le dire; elle ne les aime pas moins, mais elle est presque seule. Elle r?siste n?anmoins aux instances de son amie qui la supplie de quitter un pays o? il n'existe plus aucune s?curit? et que tout le monde fuit comme une terre pestif?r?e, et o? un pr?sent sombre et triste est le pr?curseur d'un avenir plus mena?ant encore. Madame ?lisabeth a dit le secret de son invincible r?sistance dans une lettre pr?c?dente: <
C'est pour cela qu'elle ?crit ? madame de Raigecourt, dans sa lettre du 29 mai 1791: <
Le dimanche 29 mai, il se passa dans la chapelle des Tuileries un petit ?v?nement qui devint bient?t l'entretien de la ville. La chapelle ?tait pleine de monde pour les v?pres et le salut, auxquels le Roi et la Reine assistaient.
Le 2 juin, Madame ?lisabeth ?crivait ? la marquise des Montiers, qui lui annon?ait son retour, une de ces lettres mi-s?rieuses, mi-badines, dans laquelle elle lui donnait les plus sages conseils sur la conduite qu'elle devait tenir dans son int?rieur.
Puis viennent encore, au commencement de juin, deux lettres ? madame de Raigecourt, o? la bont? du coeur de la princesse se r?v?le tout enti?re. Elle avait ?crit quelques jours avant ? son amie, sous le coup de la contrari?t? que lui faisait ?prouver le d?part successif de toutes ses dames, et elle lui avait dit que si madame de Raigecourt n'?tait pas nourrice dans ce moment, elle l'aurait pri?e de revenir aupr?s d'elle. L?-dessus madame de Raigecourt, avec son coeur plein d'imagination et son imagination pleine de coeur, a pris feu. Elle a ?crit ? sa princesse qu'elle voulait partir, qu'elle nourrirait sa fille ? Paris aussi bien qu'ailleurs, et que, co?te que co?te, elle voulait reprendre son poste. ? ce sujet, comme Madame ?lisabeth traite son amie! comme elle repousse ses offres g?n?reuses, mais imprudentes! <
FUITE DE LA FAMILLE ROYALE.
<
? l'heure o? le Roi se d?cidait ? partir, il ne lui restait qu'? se d?rober par la fuite ? une situation intol?rable qui, en lui enlevant l'exercice du pouvoir, lui en laissait toute la responsabilit?.
< < >>La famille royale soupira, et Madame ?lisabeth continua la conversation: < >>Je ne parle pas de nos malheurs particuliers; le Roi seul, qui ne doit faire qu'un avec la France, nous occupe uniquement: je ne quitterai jamais sa personne, ? moins que vos d?crets n'achevant d'?ter toute libert? de pratiquer la religion, je ne sois forc?e de l'abandonner pour aller dans un pays o? la libert? de conscience me donne les moyens de pratiquer ma religion, ? laquelle je tiens plus qu'? ma propre vie.--Gardez-vous-en bien, r?pliqua Barnave, vos exemples et votre pr?sence sont trop utiles ? votre pays.--Je n'y penserai jamais sans cela; il m'en co?teroit trop de quitter mon fr?re quand il est aussi malheureux; mais un pareil motif ne peut faire impression sur vous, monsieur Barnave, qu'on dit protestant, et qui n'avez peut-?tre m?me aucune religion!>> P?tion a laiss? du retour de Varennes un r?cit que nous croyons devoir donner ici, en en retranchant toutefois quelques traits cyniques que notre plume ne saurait se permettre de reproduire: < >>Cette nomination avoit ?t? faite sur la pr?sentation des comit?s de constitution et militaire r?unis. >>Je ne fis d'abord aucune attention ? la mani?re dont cette ambassade ?toit compos?e; depuis longtemps je n'avois aucune liaison avec Barnave; je n'avois jamais fr?quent? Maubourg. >>Maubourg connoissoit beaucoup madame de Tourzel, et on ne peut se dissimuler que Barnave avoit d?j? con?u des projets. Ils crurent tr?s-politique de se mettre sous l'abri d'un homme qui ?toit connu pour l'ennemi de toute intrigue et l'ami des bonnes moeurs et de la vertu. Deux heures apr?s ma nomination, je me rendis chez M. Maubourg, lieu du rendez-vous. >>? peine y fus-je entr? que Duport arriva, que la Fayette arriva; je ne fus pas peu surpris de voir Duport et la Fayette causer ensemble famili?rement, amicalement. Je savois qu'ils se d?testoient, et leur coalition n'?toit pas encore publique. Arriva aussi un homme que j'ai toujours estim?, M. Tracy. >>On s'entretint beaucoup des partis qu'on prendroit envers le Roi: chacun disoit que < >>Barnave se fit attendre tr?s-longtemps. Nous ne part?mes qu'? quatre heures du matin. Nous ?prouv?mes ? la barri?re un petit retard, parce qu'on ne laissoit passer personne, et je vis le moment o? nous serions oblig?s de r?trograder. >>M. Dumas ?toit avec nous. Nous f?mes le prendre chez lui. L'Assembl?e, ?galement sur la pr?sentation des comit?s, lui avoit confi? le commandement g?n?ral de toutes les forces que nous jugerions utile et n?cessaire de requ?rir. Cette nomination n'est pas indiff?rente. M. Dumas ?toit la cr?ature des Lameth. >>Nous voil? donc partis par un tr?s-bon temps. Les postillons, qui savoient l'objet de notre voyage, nous conduisoient avec la plus grande rapidit?. Dans les villages, dans les bourgs, dans les villes, partout sur notre passage on nous donnoit des t?moignages de joie, d'amiti? et de respect. >>Dans tout le cours de la route, nous n'arr?t?mes que le temps n?cessaire pour manger promptement un morceau. ? la Fert?-sous-Jouarre, une procession ralentit un instant notre marche: nous m?mes pied ? terre, nous gagn?mes une auberge pour d?jeuner. Les officiers municipaux vinrent nous y joindre; un grand nombre de citoyens nous entour?rent; nous ne couch?mes point. >>Rien ne nous paroissoit plus naturel que cette nouvelle tentative de M. de Bouill?; avec son caract?re connu, il voudra, disions-nous, plut?t p?rir que de l'abandonner. >>Cependant le Roi avan?oit dans l'int?rieur; il laissoit d?j? derri?re lui Ch?lons, et il nous paroissoit difficile de tenter un coup de main et surtout de r?ussir, de sorte qu'en combinant toutes les circonstances nous penchions davantage ? croire que M. de Bouill? n'hasarderoit pas une housarderie semblable, qui pouvoit d'ailleurs compromettre la personne du Roi. >>Nous ne nous donn?mes que le temps de manger debout un morceau, de boire un coup, et nous nous m?mes en marche. >>Mes compagnons de voyage avoient us? envers moi, dans tout le cours du voyage, de beaucoup de discr?tion et de r?serve; nous avions parl? de choses indiff?rentes. Il n'y avoit eu qu'un seul instant qui avoit ?veill? en moi quelques soup?ons. On avoit remis sur le tapis la question de savoir ce qu'on feroit du Roi; Maubourg avoit dit: < >>Je r?pondis n?anmoins que je ne m'?cartois pas de l'id?e de le traiter comme un imb?cile, incapable d'occuper le tr?ne, qui avoit besoin d'un tuteur, que ce tuteur pouvoit ?tre un conseil national. L?-dessus des objections, des r?ponses, des r?pliques; nous parl?mes de la r?gence, de la difficult? du choix du r?gent. >>M. Dumas n'?toit pas dans la m?me voiture que nous. Sortant de Dormans, M. Dumas examinoit tous les endroits comme un g?n?ral d'arm?e. < >>Ces pr?cautions paroissoient non-seulement inutiles, mais ridicules. Nous nous en divert?mes, et je dois dire que M. Dumas lui-m?me s'en amusoit. Il n'en paroissoit pas moins s?rieux avec les habitants des campagnes, qui s'attendoient s?rieusement ? combattre. Le z?le qui animoit ces bonnes gens ?toit vraiment admirable; ils accouroient de toutes parts, vieillards, femmes et enfants: les uns avec des broches, avec des faux; les autres avec des b?tons, des sabres, de mauvais fusils; ils alloient comme ? la noce; des maris embrassoient leurs femmes, leur disant: < >>Au milieu des chevaux, du cliquetis des armes, des applaudissements de la foule que l'empressement attiroit, que la crainte de nous presser ?loignoit, nous arriv?mes ? la porti?re de la voiture. Elle s'ouvrit sur-le-champ. Des bruits confus en sortoient. La Reine, Madame ?lisabeth paroissoient vivement ?mues, ?plor?es: < >>Cette sc?ne fut vive, ne dura qu'une minute; mais comme cette minute me frappa! Maubourg r?pondit; je r?pondis par des ah! par des mots insignifiants et quelques signes de dignit? sans duret?, de douceur sans aff?terie, et brisant ce colloque, prenant le caract?re de notre mission, je l'annon?ai au Roi en peu de mots, et je lui lus le d?cret dont j'?tois porteur. Le plus grand silence r?gnoit dans cet instant. >>Passant de l'autre c?t? de la voiture, je demandai du silence, je l'obtins, et je donnai aux citoyens lecture de ce d?cret; il fut applaudi. M. Dumas prit ? l'instant le commandement de toutes les gardes qui jusqu'? ce moment avoient accompagn? le Roi. Il y eut de la part de ces gardes une soumission admirable. C'?toit avec joie qu'elles reconnoissoient le chef militaire qui se pla?oit ? leur t?te: l'Assembl?e l'avoit d?sign?; il sembloit que c'?toit pour eux un objet sacr?. >>Le Roi, la Reine, le Prince royal ?toient sur le derri?re; Madame ?lisabeth, madame de Tourzel et Madame ?toient sur le devant. La Reine prit le prince sur ses genoux. Barnave se pla?a entre le Roi et la Reine. Madame de Tourzel mit Madame entre ses jambes, et je me pla?ai entre Madame ?lisabeth et madame de Tourzel. >>J'aper?us, en levant les yeux au ciel de la voiture, un chapeau galonn? dans le filet; c'?toit, je n'en doute pas, celui que le Roi avoit dans son d?guisement, et j'avoue que je fus r?volt? qu'on e?t laiss? subsister cette trace qui rappeloit une action dont on devoit ?tre empress? et jaloux d'an?antir jusqu'au plus l?ger souvenir. Involontairement je portois de temps ? autre mes regards sur le chapeau: j'ignore si on s'en aper?ut. >>J'examinai aussi le costume des voyageurs. Il ?toit impossible qu'il f?t plus mesquin. Le Roi avoit un habit brun peluch?, du linge fort sale; les femmes avoient de petites robes tr?s-communes et du matin. >>Le Roi parla d'un accident qui venoit d'arriver ? un seigneur qui venoit d'?tre ?gorg?, et il en paroissoit tr?s-affect?. La Reine r?p?toit que c'?toit abominable, qu'il faisoit beaucoup de bien dans sa paroisse, et que c'?toient ses propres habitants qui l'avoient assassin?. >>Cette histoire ? peine finie: < >>La Reine et Madame ?lisabeth revenoient sans cesse aux gardes du corps qui ?toient sur le si?ge de la voiture, et t?moignoient les plus vives inqui?tudes. < >>Madame ?lisabeth me fixoit avec des yeux attendris, avec cet air de langueur que le malheur donne et qui inspire un assez vif int?r?t..... >>Nous entr?mes ? Dormans entre minuit et une heure; nous descend?mes dans l'auberge o? nous avions mang? un morceau , et cette auberge, quoique tr?s-passable pour un petit endroit, n'?tait gu?re propre ? recevoir la famille royale. >>J'avoue cependant que je n'?tois pas f?ch? que la cour conn?t ce que c'?toit qu'une auberge ordinaire. >>Le Roi descendit de voiture, et nous descend?mes successivement; il n'y eut aucun cri de Vive le Roi! et on criait toujours: Vive la nation! Vive l'Assembl?e nationale! quelquefois: Vive Barnave! Vive P?tion! Cela eut lieu pendant toute la route.
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